WTW, l'un des leaders mondiaux du conseil, courtage et solutions, présente les éclairages et analyses de ses experts sur l'évolution des marchés de l'assurance pour 2027. A l'heure où les entreprises préparent leurs renouvellements 2027, un paradoxe mérite d'être souligné. Les marchés de l'assurance offrent aujourd'hui, dans de nombreux domaines, des conditions plus favorables qu'au cours des dernières années. Pourtant, les incertitudes auxquelles les organisations sont confrontées n'ont probablement jamais été aussi nombreuses.
Les risques ne sont plus statiques, ils se déplacent, s'interconnectent et se transforment. C'est pourquoi la question pour les dirigeants d'entreprise n'est plus simplement de savoir comment assurer leurs risques, mais comment les comprendre, les anticiper, les financer et arbitrer les meilleures stratégies.
Sur les risques d'entreprise (IARD), la concurrence entre assureurs demeure forte et les capacités restent abondantes, ce qui peut créer de réelles opportunités pour les entreprises qui abordent leurs renouvellements avec une vision claire de leurs expositions et de leurs enjeux. En santé et prévoyance, les perspectives 2027 restent sous tension, sous l'effet notamment de l'inflation médicale, des évolutions réglementaires et des transferts de charges vers les complémentaires.
Dans ces marchés contrastés, un même enjeu se dessine : ne plus seulement financer les conséquences des risques, mais agir davantage en amont pour les anticiper et les prévenir. La qualité des données, la connaissance des expositions et la capacité des entreprises à démontrer les actions engagées pour maîtriser leurs risques prennent une place croissante dans les stratégies de renouvellement.
Les tendances du marché Risk & Broking (IARD)
Les renouvellements 2027 devraient être globalement favorables aux clients, avec un marché qui restera souple, voire orienté à la baisse pour plusieurs grandes lignes d'assurance, notamment en dommages aux biens, en responsabilité civile et sur certaines lignes financières.
Cette dynamique s'explique par plusieurs facteurs : de bons résultats enregistrés par les assureurs au cours des dernières années, une sinistralité relativement maîtrisée sur certains périmètres, ainsi qu'une forte concurrence entre acteurs du marché. Les capacités disponibles demeurent importantes et les assureurs restent en recherche de développement, ce qui entretient une pression concurrentielle favorable aux entreprises. Cette tendance bénéficie particulièrement au segment des grands comptes, pour lesquels le marché est très compétitif.
Pour WTW, plusieurs facteurs appellent également à la vigilance :
- Les cycles de marché restent une réalité et une succession d'événements naturels majeurs ou une hausse significative de la sinistralité pourrait rapidement modifier l'équilibre actuel. Le retrait de certains acteurs du marché français et les mouvements de consolidation observés entre assureurs constituent également des signaux à surveiller.
- Les incertitudes géopolitiques, économiques et climatiques pèsent par ailleurs de plus en plus directement sur les stratégies de gestion des risques des entreprises. Les tensions internationales affectent notamment certaines couvertures et certains projets à l'étranger, tandis que l'intensification des événements climatiques impose de réévaluer régulièrement les expositions et les scénarios de risques.
- Des risques émergents ou insuffisamment anticipés appellent aussi à une vigilance particulière : le risque de défaillance d'entreprise, les implantations ou acquisitions aux Etats-Unis, où l'ampleur de certaines condamnations peut représenter une exposition majeure, ou encore le développement des data centers et des infrastructures cloud qui fait émerger de nouvelles concentrations de risques et accroît la dépendance des entreprises à un nombre limité d'infrastructures critiques.
Les tendances du marché affinitaire et des marchés spécialisés
Une grande partie des programmes affinitaires sont structurés sur des durées pluriannuelles, ce qui limite mécaniquement le nombre de dossiers remis en concurrence chaque année. Cette dynamique crée un environnement plus concurrentiel et une pression à la baisse sur les primes lorsqu'un programme revient sur le marché.
Dans ce contexte, les renouvellements 2027 devraient s'inscrire dans la continuité des exercices précédents, avec un marché toujours très disputé sur les programmes remis en concurrence. Les distributeurs d'assurance devraient ainsi continuer à bénéficier d'un fort pouvoir de négociation, dans un environnement où les acteurs cherchent à préserver ou développer leurs positions.
Au-delà des conditions tarifaires, les distributeurs ont plus que jamais besoin d'être accompagnés sur la conformité de leurs pratiques : modalités de souscription, qualité de l'information fournie au client, clarté des garanties, caractère optionnel ou non des offres, traçabilité du consentement ou communication régulière après la souscription.
Autre tendance structurante pour les assurances affinitaires : l'intégration de l'intelligence artificielle dans les parcours clients qui devrait transformer plusieurs maillons de la chaîne de valeur, de la souscription à la déclaration de sinistre en passant par la gestion des dossiers ou la lutte contre la fraude.
A noter que la diversité des marchés spécialisés se traduit par une grande hétérogénéité et des tendances spécifiques à chaque branche et à chaque secteur.
Santé et prévoyance : des perspectives 2027 toujours sous tension
En santé, la pression sur les régimes complémentaires reste durable et s'accentue, dans un contexte plus large de déséquilibre des comptes sociaux. Le déficit de la Sécurité sociale devrait atteindre 19,4 milliards d'euros en 2026, dont 13,8 milliards pour la seule branche Maladie. Au-delà du déficit annuel, la question de la soutenabilité du financement du système de protection sociale demeure donc centrale et conduit les pouvoirs publics à rechercher de nouveaux équilibres dans la répartition du financement des dépenses de santé.
En prévoyance, les demandes d'augmentation des organismes assureurs devraient généralement se situer entre 3% et 5%, sous l'effet de plusieurs facteurs structurels : la progression des arrêts de travail, le vieillissement des populations couvertes et, plus largement, l'évolution des risques liés à la prévoyance.
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