Marchés

L'inflation américaine plus forte que prévu, des analystes s'interrogent pour la Fed

Publié le 12 mai 2026 à 17h35

Alors que les chiffres de l'inflation américaine sont ressortis dans l'ensemble plus élevés que prévu, propulsés par l'envolée des prix de l'énergie, des analystes s'interrogent sur leur implication en termes de politique monétaire de la Réserve fédérale.

La hausse des prix à la consommation aux Etats-Unis a accéléré un peu plus que prévu le mois dernier, atteignant un rythme annuel de 3,8%, alors que les économistes attendaient un taux de 3,7% après celui de 3,3% observé en mars.

Une inflation globale au plus haut depuis mai 2023...

"L'inflation totale se trouve à son plus haut niveau depuis mai 2023", souligne Bastien Drut, responsable stratégie et analyse chez CPRAM, expliquant qu'environ les deux tiers de la hausse de l'inflation sur le mois proviennent de la composante "énergie".

Notant que la hausse de l'inflation américaine depuis le début de la guerre en Iran s'explique pour plus des trois quarts par l'accélération des prix de l'énergie, il pense qu'on pourrait, en théorie, considérer cette hausse comme réversible.

Toutefois, cela fait maintenant plus de cinq ans que l'inflation est au-dessus de la cible de la Fed et l'on pourrait imaginer qu'il y aura encore plus de voix au sein du FOMC pour réclamer l'abandon du "biais accommodant" et davantage de neutralité, prévient le professionnel.

...et une inflation sous-jacente au plus haut depuis septembre

En données sous-jacentes (hors énergie et produits alimentaires), le taux d'inflation annuel s'est établi à 2,8%, retrouvant ainsi son plus haut niveau depuis septembre dernier, contre 2,6% en mars, alors que le consensus était de 2,7%.

En rythme séquentiel, la hausse des prix à la consommation s'est établie à 0,6% en données totales et à 0,4% en données sous-jacentes en avril, ce dernier chiffre ayant légèrement surpris, selon Josh Jamner, chez ClearBridge Investments.

"Cette évolution porte l'accélération de l'inflation sur deux mois à 1,5%, soit son niveau le plus élevé depuis 2022 et une lecture figurant parmi les plus élevées observées depuis le milieu des années 1970", constate cet analyste.

Ce dernier note que la hausse des coûts du logement ( 0,6%) a également contribué à la progression enregistrée ce mois-ci, et que l'IPC dit "supercore", correspondant aux services hors logement dans l'IPC de base, a progressé de 0,45% en avril.

ClearBridge Investments attend un statu quo de la Fed à court terme

Cette dernière évolution "devrait inciter la Fed à la prudence, compte tenu de la remontée des pressions inflationnistes sous-jacentes, susceptible de la conduire à maintenir ses taux inchangés au cours des prochaines réunions", estime Josh Jamner.

Si de nouvelles hausses de taux restent possibles, il considère qu'une éventuelle désescalade du conflit au Moyen-Orient ainsi que la relative faiblesse du marché du travail devraient conduire la Fed à maintenir ses taux inchangés à court terme.

Les contrats à terme sur les taux de la Fed intègrent désormais une probabilité supérieure à 50% d'une hausse de taux d'ici mars 2027, mais, à ce stade, ClearBridge Investments juge des baisses de taux plus probables que des hausses en 2027.

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