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Baromètre Apicil : les entreprises peu mobilisées sur les enjeux de santé de leurs salariés

Publié le 8 avril 2026 à 14h52

  AOF

(AOF) - Parler de santé au travail n’a jamais été aussi nécessaire… ni aussi sensible. Santé mentale, fatigue, troubles musculosquelettiques, maladies chroniques, mais aussi grossesse, endométriose, post-partum, ménopause ou andropause… peuvent peser sur les carrières, la soutenabilité du travail et, parfois, conduire à des inégalités ou à des formes d’injustice. Une question centrale se pose alors : comment les enjeux de santé s’inscrivent-ils aujourd’hui dans les dynamiques d’inclusion et d’égalité en entreprise ?

C'est dans ce contexte que le groupe Apicil, l'un des leaders de la protection sociale et patrimoniale en France, publie les résultats de la 6e édition de son baromètre "Les Français et l'inclusion", réalisé en collaboration avec OpinionWay, avec un focus sur les discriminations liées à la santé en entreprise.

Selon les conclusions de ce baromètre, de manière générale, les sujets relatifs à la santé sont difficiles à évoquer au sein de la société française. Seule la grossesse se révèle facile à aborder pour 79% des Français. Tous les autres états de santé sont majoritairement difficiles à aborder, en particulier les troubles de la santé mentale (68%), les addictions (68%), l'andropause (66%), les règles douloureuses (59%), les cancers masculins (59%) et le post-partum (58%).

Ces difficultés s'accentuent en milieu professionnel, où 81% des salariés français peinent à y évoquer les addictions, 75% la santé mentale, 68% les maladies chroniques et 64% les troubles musculosquelettiques. Les addictions (85%) et les troubles de la santé mentale (81%) sont encore plus complexes à aborder pour les 35 ans et plus.

S'il est extrêmement difficile de parler de santé mentale dans le monde de l'entreprise, c'est notamment parce qu'il existe encore de grandes méconnaissances à l'égard du cadre législatif en vigueur. Seuls 33% des Français ont entendu parler de la Charte nationale pour la santé mentale au travail, lancée fin août 2025 par le gouvernement. Cette initiative est davantage connue des moins de 35 ans (50% contre 27% pour les 35 ans et plus). Pour autant, près de 9 Français sur 10 (88%) reconnaissent que la santé mentale est aussi importante que la santé physique.

Des entreprises peu mobilisées en faveur de la santé de leurs salariés

Pour plus de 7 actifs sur 10, leur activité est compatible avec leur état de santé physique (78%) et leur état de santé mentale (74%). Néanmoins, au cours de l'année, plus de deux tiers ont éprouvé des troubles du sommeil (67%, dont 40% plusieurs fois) ou des épisodes d'irritabilité avec leurs proches (67%, dont 37% plusieurs fois) pour des raisons en lien avec leur travail.

Les entreprises sont toutefois trop peu mobilisées sur les enjeux de santé : 82% des Français, dont 83% des salariés, jugent la prise en compte des cycles de vie, masculins comme féminins, insuffisante, un constat encore plus sévère chez les femmes, qui sont 86% à critiquer ce manque d'engagement (contre 77% des hommes).

Parallèlement, seule une minorité de salariés constatent que leur organisation a mis en place des actions spécifiques en faveur du bien-être (36%), de la santé physique (34%) ou de la santé mentale (28%). Cette situation alimente le sentiment que le bien-être mental n'est pas réellement pris au sérieux par leur employeur (52%) et que les contraintes liées à la santé ne sont pas suffisamment prises en compte dans l'organisation du travail (47%). D'autant qu'un salarié sur deux (52%) considère que l'état de santé, physique ou mental, peut avoir un impact sur les progressions professionnelles.

Il apparaît d'autant plus important d'améliorer la communication sur ces sujets que les salariés eux-mêmes se sentent insuffisamment soutenus. Seule la moitié d'entre eux sait à qui s'adresser au sein de son entreprise en cas de difficultés de santé (50%) et se sentent soutenus par leur management (51%).

Interrogés sur les personnes vers qui ils peuvent se tourner, les salariés ont davantage de facilité à discuter de problèmes de santé physique que mentale. 67% déclarent pouvoir parler de leurs difficultés physiques avec leurs collègues et 58% avec leur manager. En revanche, seuls 53% se sentent en mesure d'aborder des problèmes de santé mentale avec leurs collègues et 48% avec leur manager. Les services des ressources humaines restent encore peu accessibles : seuls 50% des travailleurs déclarent pouvoir échanger avec eux au sujet de problèmes de santé physique, et 43% lorsqu'il s'agit de santé mentale.

Face à ces constats, les Français reconnaissent l'importance d'intégrer la santé dans les décisions stratégiques des entreprises (89%), en raison de son impact direct sur la performance (91%). Pour y parvenir, plusieurs leviers sont identifiés : un assouplissement de l'organisation du travail (28%), une meilleure communication sur les dispositifs existants (21%), le développement d'une culture managériale attentive à la santé (20%) ou encore la mise en place d'actions de prévention ciblées (18%).

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