Marchés

Wall Street sous pression, entre choc pétrolier et prudence de la Fed

Publié le 19 mars 2026 à 13h47

  AOF

(Zonebourse.com) - Hier soir, les marchés ont brièvement relégué au second plan les tensions au Moyen-Orient et la hausse des prix du pétrole pour se concentrer sur la Fed. Sans surprise, l'institution dirigée par Jerome Powell a opté pour un statu quo, maintenant ses taux inchangés. Dans ce contexte, les contrats à terme sont attendus en baisse à l'ouverture de Wall Street, avec -0,6% pour le Dow Jones et le S&P 500, et -0,7% pour le Nasdaq-100.

À la suite des frappes israéliennes sur le site gazier iranien de South Pars (principal gisement de gaz du pays dont les réserves s'élèvent à 14 000 milliards de mètres cubes), Téhéran a ciblé des installations énergétiques au Qatar et en Arabie saoudite, ravivant les tensions sur l'or noir. Si le WTI est plutôt épargné, autour des 96 USD le baril, le Brent progresse de 4%, vers 114 USD.

"Les prix du pétrole ont fortement augmenté à l'ouverture des marchés asiatiques ce jeudi, sous l'effet des nouvelles frappes iraniennes contre les infrastructures énergétiques du Golfe, souligne Frédéric Lorec, analyste chez AlphaValue. Le Qatar a confirmé d'importants dégâts à son terminal GNL, le plus grand au monde, qui représente 20% des exportations mondiales de GNL".

Comme souvent, le bruit des bombes est accompagné d'une rhétorique guerrière qui ne plaide pas pour un apaisement à brève échéance du conflit. Sur Truth Social, Donald Trump a affirmé qu'en cas de riposte iranienne, "les États-Unis [...] détruiront massivement l'intégralité du champ gazier de South Pars avec une puissance jamais vue auparavant par l'Iran".

Le ciblage de ces structures stratégiques et non militaires renforce le risque d'escalade régionale, alors que l'Arabie saoudite et le Qatar ont pour l'instant fait preuve d'une patience et d'une modération remarquables en s'abstenant de toute riposte militaire.

La situation dans le détroit d'Ormuz reste par ailleurs sous étroite surveillance : selon le média britannique Iran International, Téhéran envisagerait l'instauration de droits de passage. Une mesure qui pourrait d'ailleurs déjà avoir été mise en oeuvre, alors qu'une quinzaine de navires ont franchi le détroit en début de semaine.

Statu quo sans surprise de la Fed

C'est dans ce contexte tendu que la Fed a confirmé hier soir le maintien de ses taux directeurs dans la fourchette de 3,50%-3,75%, tout en conservant une trajectoire de baisse graduelle à partir de 2026.

Le message apparaît globalement prudent, voire légèrement restrictif à court terme. Le comité évoque des implications "incertaines" des tensions géopolitiques sur l'économie américaine, Jerome Powell réaffirmant une approche "wait and see". Un seul membre a voté en faveur d'une baisse des taux, contre trois anticipés par le consensus, rapporte Goldman Sachs.

Le président de la Fed a par ailleurs mis sur un pied d'égalité les risques pesant sur l'emploi et l'inflation, évoquant l'impact potentiel du choc pétrolier sur les anticipations inflationnistes.

Malgré ce biais prudent, "des baisses de taux de 25 points de base restent anticipées en septembre et décembre, ce qui ramènerait le taux à 3-3,25%. Le chômage est attendu à 4,6% d'ici septembre, au-dessus de la projection médiane de 4,4%", ajoute Goldman Sachs.

Fait notable, et à contre-courant du contexte énergétique, les membres du FOMC ont relevé leurs prévisions de croissance pour 2026, 2027, 2028 ainsi que pour le long terme, souligne Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques chez CPR AM. La Fed semble ainsi s'orienter vers un scénario de "jobless boom", caractérisé par une croissance résiliente sans création significative d'emplois.

Des inscriptions au chômage légèrement sous les attentes

Le Département du Travail des Etats-Unis indique avoir comptabilisé 205 000 nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage lors de la semaine du 9 mars, un chiffre en baisse de 8 000 par rapport au niveau de la semaine précédente. Le nombre de nouveaux inscrits est légèrement inférieur aux attentes du consensus qui tablait sur 215 000.

Par ailleurs, l'activité manufacturière dans la région de Philadelphie a continué de croître globalement, à en croire l'indice de diffusion de l'activité générale de la Fed de Philadelphie. Celui-ci est passé de 16,3 en février à 18,1 en mars, sa 3e augmentation consécutive, alors que les économistes tablaient sur 10.

Enfin, il faudra attendre 15h pour connaître les chiffres des ventes de logements neufs aux Etats-Unis au cours du mois de janvier. Les marchés anticipent 720 000 unités, soit un repli de 0,9%.

En attendant, le dollar cède 0,2% face à l'euro, autour des 0,871 EUR, tandis que l'once d'or est en net recul (-4,7%), à 4 600 USD.

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