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Le spectre d'un durcissement de politique monétaire ravivé par la BCE

Publié le 19 mars 2026 à 16h43

  AOF

(Zonebourse.com) - Alors que la BCE a conclu sa réunion par un statu quo sur ses taux directeurs, les économistes soulignent l'accent mis par la banque centrale sur les risques inflationnistes sur fond de guerre au Moyen-Orient, ravivant le spectre d'un durcissement de sa politique monétaire.

A l'instar de la Banque d'Angleterre un peu plus tôt dans la journée, la BCE a laissé ses taux directeurs inchangés à l'issue de sa réunion de politique monétaire ce jeudi, invoquant les incertitudes liées à la guerre au Moyen-Orient, en particulier ses effets inflationnistes.

Son conseil des gouverneurs a ainsi décidé de laisser ses taux d'intérêt de la facilité de dépôt, des opérations principales de refinancement et de la facilité de prêt marginal à respectivement 2,00%, 2,15% et 2,40%.

"Un changement de ton significatif", selon J.P. Morgan Private Bank

"L'Europe a davantage à perdre dans ce choc énergétique, et la BCE en est consciente. Ce contexte a entraîné aujourd'hui un changement de ton significatif", constate Madison Faller, stratégiste en investissement mondial chez J.P. Morgan Private Bank.

La professionnelle souligne d'ailleurs que pour la zone euro les prévisions d'inflation ont été révisées à la hausse (à 2,6% en 2026), et celles de croissance revues à la baisse (à 0,9% en 2026), du fait des conséquences de la guerre au Moyen-Orient.

Selon Madison Faller, l'hypothèse d'un resserrement monétaire est désormais envisagée. "La BCE ne s'engage pas à relever ses taux, mais elle ne cherche pas non plus à contrer le revirement marqué des anticipations de marché, ni à l'exclure", juge-t-elle.

La BCE "plus nuancée que la Banque d'Angleterre", d'après Nomura

"Le communiqué de la BCE semble beaucoup plus nuancé que celui de la Banque d'Angleterre", juge pour sa part Andrzej Szczepaniak, senior European economist chez Nomura, soulignant que les indications concernant la prise en compte des données sont maintenues.

Il met aussi en avant que "les anticipations d'inflation à long terme sont bien ancrées" d'après la BCE, et que son communiqué met l'accent sur les facteurs positifs qui sous-tendent la croissance économique dans la zone euro.

"Le communiqué donne l'impression que la BCE n'interviendrait que si sa vision à moyen terme des perspectives d'inflation était affectée, et nous observons des effets de second tour entraînant une persistance de l'inflation sous-jacente", poursuit l'économiste.

Aberdeen attend au moins une hausse de taux en 2026

"Avec la forte hausse des prix du pétrole et du gaz, l'enjeu de cette réunion résidait moins dans la décision elle-même que dans les indications sur la fonction de réaction future de la BCE", selon Felix Feather, économiste chez Aberdeen.

Selon lui, l'accent mis sur les risques haussiers pesant sur les perspectives d'inflation témoigne des préoccupations de la banque face à un regain de pressions inflationnistes et de sa volonté d'y répondre, le cas échéant, par des hausses de taux.

Felix Feather affirme pronostiquer au moins une hausse de taux de la BCE d'ici la fin de l'année. "Le rythme et le calendrier de ces relèvements dépendront toutefois de la durée du conflit au Moyen-Orient", prévient-il.

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