(AOF) - adidas (+5,40% à 151,25 euros) a annoncé hier soir avoir enregistré un chiffre d'affaires et des marges bénéficiaires record en 2025, des performances rassurantes au sein d'un environnement pourtant difficile qui vont lui permettre de mettre en place rapidement un programme de rachat d'actions susceptible d'atteindre un milliard d'euros.
Le fabricant allemand d'articles de sport a augmenté sa marge brute d'un point au 4ème trimestre trimestre pour la porter à 50,8%, ce qui s'est traduit par un quasi-triplement de son résultat opérationnel sur la période, à 164 millions d'euros à comparer avec 57 millions un an plus tôt.
Son chiffre d'affaires à quant à lui progressé à un rythme à deux chiffres, affichant une croissance de 11%, à 6,07 milliards d'euros à taux de changes, constants, une performance supérieure au consensus qui visait +9%.
Sur l'ensemble de l'exercice 2025, le chiffre d'affaires du groupe basé à Herzogenaurach s'est accru de 10% à changes constants pour atteindre un plus haut historique annuel au delà de 24,81 milliards d'euros, avec une marge brute qui s'est elle aussi établie à des niveaux record, à 51,6% contre 50,8% en 2024.
En dépit de la vigueur de l'euro et de l'impact des surtaxes douanières, son résultat opérationnel s'est élevé à 2,06 milliards sur l'exercice, contre 1,34 million l'année précédente.
Sur la base de ces performances meilleures que prévu, la marque aux trois bandes a décidé de lancer, dès le mois de février, un plan de rachat d'actions dont le montant pourrait atteindre un milliard d'euros au titre de l'exercice 2026, un programme qu'il entend financer à partir de son flux de trésorerie et qui devrait se solder par l'annulation des titres rachetés.
Soutenue par ces annonces encourageantes, l'action adidas - qui avait atteint hier des plus bas de presque trois ans - grimpait de 6% vendredi matin à la Bourse de Francfort après un peu plus d'une heure d'échanges.
Dans une note de réaction, les analystes de Jefferies mettent cependant en évidence le sentiment toujours largement défavorable qu'éprouvent les investisseurs européens vis-à-vis du secteur de la consommation, au sein duquel adidas fait partie des valeurs ayant subi la perte de confiance la plus marquée.
La banque d'affaires américaine dit par ailleurs redouter la présentation de perspectives 2026 prudentes le 4 mars prochain, à l'occasion de la publication des résultats annuels définitifs de l'équipementier sportif.
"Certains investisseurs restent préoccupés par une offre excessive de produits et par les risques que cela fait peser sur la capacité bénéficiaire à moyen terme", conclut Jefferies, qui maintient malgré tout son conseil d'achat sur le titre avec un objectif de cours de 220 euros.
Preuve du scepticisme ambiant, le titre adidas accuse encore un repli de 41% sur les 12 mois écoulés.