(AOF) - En repli la veille, Orsted (+5,03% à 134,08 couronnes danoises) rebondit et occupe la place de leader de l'OMX Copenhagen 20 après une décision favorable de la justice américaine rendue officielle hier. Le tribunal fédéral de Washington a accordé l'injonction préliminaire demandée par Revolution Wind, LLC (coentreprise détenue à 50/50 par Orsted et Skyborn Renewables, filiale de Global Infrastructure Partners) et levé l'ordre de suspension du 22 décembre dernier émis par le Bureau de gestion de l'énergie océanique (BOEM) du département de l'Intérieur des Etats-Unis.
Cette décision permettra à Revolution Wind de redémarrer immédiatement les activités de construction de son projet éolien offshore éponyme tandis que se poursuit l'action en justice contestant les ordonnances du directeur du BOEM datées du 22 août et du 22 décembre derniers.
Revolution Wind espère trouver avec l'administration américaine une solution définitive et rapide à ce litige.
"Les travaux de construction reprendront dans les plus brefs délais, en faisant de la sécurité notre priorité absolue, afin de fournir une énergie fiable et abordable au Nord-Est des Etats-Unis", a déclaré Orsted hier dans un communiqué.
Précisément, le projet Revolution Wind a pour objectif de fournir de l'électricité à plus de 350 000 foyers en 2026, dans le cadre de ces contrats d'achat d'électricité (PPA) de 20 ans pour fournir 400 MW à Rhode Island et 304 MW au Connecticut.
Le 22 décembre dernier, Revolution Wind LLC avait reçu une injonction du BOEM (Bureau of Ocean Energy Management, le bureau de gestion de l'énergie océanique sous l'égide du Département de l'Intérieur des Etats-Unis). Cette injonction imposait l'arrêt immédiat de son grand projet éolien offshore en cours sur le plateau continental extérieur pour une durée de 90 jours. Le plateau continental extérieur (Outer Continental Shelf ou OCS) est une notion juridique et géographique désignant la partie des fonds marins qui appartient à l'Etat fédéral américain.
L'ordonnance du 22 août 2025 correspond au tout premier ordre d'arrêt des travaux émis par le BOEM à l'encontre du projet Revolution Wind. Il s'agit alors du point de départ du bras de fer juridique entre Orsted et l'administration américaine. Le BOEM avait justifié cet arrêt par la nécessité de mener des examens supplémentaires liés à la conformité environnementale.
Projet à l'arrêt : facture salée pour Orsted
Réagissant à cette annonce favorable, Jefferies a dévoilé l'impact financier de l'arrêt du chantier Revolution Wind. Selon le broker, d'après les documents déposés au tribunal, l'immobilisation du chantier coûte au minimum 1,44 million de dollars par jour (pour 100% du projet). En comptant la date de suspension (22 décembre) jusqu'à la reprise prévue le 13 janvier, le projet aura été stoppé pendant 22 jours. Sachant que Orsted détient une part de 50% dans le projet, l'impact financier est de 16,5 MUSD (22 jours x 1,5 MUSD x 50%). Ce montant représente près de 100 MDKK (couronnes danoises).
Le principal enjeu pour l'entreprise danoise du secteur énergétique était surtout d'éviter que ce coût ne s'étale sur plusieurs mois, ce que l'injonction obtenue hier a permis d'empêcher.
En outre, l'ordre de suspension émis par le BOEM reste en vigueur pour Sunrise Wind (filiale détenue à 100% par Orsted) qui développe un projet éolien offshore aux Etats-Unis. Elle dispose d'un contrat d'achat sur 25 ans pour livrer 924 MW à l'Etat de New York. Orsted a révélé que la suspension de ce projet entraînait un impact financier de plus d'1 MUSD par jour.