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Etude Altares : début d'année sous tension pour les défaillances d’entreprises en France

Publié le 16 avril 2026 à 10h39

  AOF

(AOF) - La dernière étude publiée par Altares (entreprise française spécialisée dans l'intelligence de données B2B) confirme une tendance qui s’installe depuis plusieurs trimestres : les défaillances d’entreprises restent à un niveau élevé en France. Et ce début 2026 ne fait pas exception. Avec près de 19 000 procédures ouvertes en trois mois, le climat économique reste tendu, en particulier pour certaines catégories d’entreprises et plusieurs secteurs clés.

Le premier trimestre 2026 se clôture sur des chiffres qui illustrent la persistance des difficultés économiques des entreprises françaises :

- 18 986 défaillances d'entreprises (+6,4% sur un an) ;

- 71 100 défaillances sur 12 mois glissants ;

- 75 350 emplois menacés ;

- 5 767 redressements judiciaires (+13,6%) ;

- 12 836 liquidations judiciaires directes (+3,6%) ;

- 383 sauvegardes (+2,7%), soit environ 2% des procédures.

La hausse est largement tirée par l'augmentation des redressements judiciaires, qui reflète une aggravation des difficultés, mais aussi une volonté plus fréquente de tenter de sauver l'activité. Chaque jour ouvré, plus de 300 dirigeants se présentent au tribunal pour tenter de faire face à leurs difficultés.

PME, TPE : des dynamiques très contrastées

Selon Altares, toutes les entreprises ne sont pas touchées de la même manière. Les plus petites structures concentrent l'essentiel des défaillances : 14 311 microentreprises (moins de 3 salariés), soit 75% des procédures (+11,2%) ; plus de 7 sur 10 directement placées en liquidation.  Mais certaines catégories résistent mieux : TPE de 3 à 9 salariés = 3 272 défaillances (-6,7%) ; PME de 10 à 19 salariés = 830 défaillances (-12,1%).

A l'inverse, les PME plus grandes sont particulièrement exposées : PME de 20 à 99 salariés = 519 défaillances (+12,1%).

En outre, les entreprises de plus grande taille semblent mieux encaisser le choc : 54 défaillances pour les structures de 100 salariés et plus (en baisse) ; près de 90% poursuivent leur activité via un redressement ou une sauvegarde.

Les secteurs en difficulté

Plusieurs activités montrent une dégradation nette comme les services aux entreprises (+11,7%), avec une forte hausse dans la propreté (+41%) ; les services aux particuliers (+17%) ; le transport (+12,9%), avec une explosion des défaillances chez les taxis (+61%) ; l'agriculture (+23%) ; et le commerce de détail (+3,7%), en particulier dans l'habillement et le multi-rayons.

A l'inverse, quelques activités montrent des signes d'amélioration, comme la construction globalement stable (+1,7 %), portée par le gros œuvre (-9 %) ; les travaux publics en net recul (-20 %) ; l'industrie (+3,8 %) ; et la restauration quasi stable (-0,4 %), avec une légère amélioration pour la restauration à table. Ces signaux restent fragiles mais indiquent que certains secteurs résistent mieux.

Au-delà des chiffres, ce début d'année envoie un signal clair : la situation économique reste incertaine pour de nombreuses entreprises.

Le recours encore rare aux procédures préventives, la fragilité structurelle des TPE et les tensions sur la trésorerie – notamment liées aux retards de paiement – compliquent les perspectives de rebond.

"Dans ce contexte, les dispositifs d'accompagnement et de prévention apparaissent plus que jamais essentiels. Mais leur efficacité dépendra aussi de la capacité des entreprises à anticiper dans un environnement qui laisse encore peu de visibilité", explique Altares.

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